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Les seniors LGBT+ dans les maisons de repos : « certains retournent au placard de peur de ne pas avoir les mêmes soins »
Lorsque Jacques entre en maison de repos en 2017, il a 73 ans. Depuis 34 années, il partage sa vie avec Paul. Pourtant, une fois les portes de l’établissement franchies, les deux hommes choisissent de taire leur histoire. Aux yeux des autres résidents et du personnel, ils se présentent comme de simples « beaux-frères ». Une précaution dictée par la peur du jugement des autres au sein de la maison de repos.
Lors de leur vie dans la maison chacun occupe sa propre chambre et ils continuent à se voir quotidiennement. « Il était tout pour moi », confie Jacques.
Lorsque Paul décède il y a quatre ans, la fragilité de leur situation apparaît. N’étant ni mariés ni liés par un statut légal reconnu, Jacques se retrouve écarté de toutes les décisions concernant les funérailles de son compagnon. « Comme ils n’étaient pas mariés, comme il n’y avait pas de lien officiel et légal, le CPAS s’est immédiatement occupé de tous les documents, mais aussi de l’enterrement et de la cérémonie », explique Catherine Gouffau, référente en matière de vie intime, affective et sexuelle dans l’établissement Clos Bizet situé à Anderlecht. « C’est là que Jacques a craqué, parce qu’il réalisait qu’il n’avait rien à dire. » Depuis Jacques a réussi à mettre des mots sur sa relation.
Faire évoluer les mentalités au quotidien
Face à ces situations, Catherine Gouffau a choisi d’agir. « À chaque fois que j’entendais des résidents, des membres de famille ou du personnel tenir des propos empreints de préjugés ou utiliser des mots discriminatoires, je ne laissais rien passer », explique-t-elle. Son approche repose le principe d’intégrer simplement la diversité dans la vie de l’établissement plutôt que d’en faire un sujet à part. « Il suffit d’installer un environnement où les gens sentent que c’est queer-friendly. Et puis, tout d’un coup, on réalise qu’il y a plein de gens concernés dans la maison », constate-t-elle.
Son travail passe également par la formation du personnel soignant. L’objectif n’est pas de convaincre chacun d’adhérer à une vision particulière, mais de rappeler les exigences professionnelles. « Au moment où une personne a besoin de soins, la maison de repos n’est pas l’endroit où l’on projette ses propres normes et ses propres valeurs sur l’autre. »
Peu de maisons de repos s’ouvrent à ces formations
Pour mener ces formations, Catherine Gouffau collabore avec les « Rainbow Ambassadors », une association liée à la Rainbow House, qui défend les droits des seniors LGBT+. Selon sa coordinatrice, Hilde de Greef, les établissements restent difficiles à mobiliser : « Cette année, nous avions mis l’accent sur Anderlecht. Nous avons envoyé des mails à une quinzaine de maisons de repos et seules deux ont répondu. Après les avoir toutes recontactées par téléphone, nous avons finalement pu organiser des formations dans trois établissements. »
Du côté des fédérations du secteur, la question peine également à s’imposer parmi les priorités. Thierry Gilson, secrétaire général de Femarbel, qui représente plus de 300 maisons de repos à Bruxelles et en Wallonie, reconnaît l’importance du sujet. « C’est une question qui a toute son importance. Maintenant, il faut garder à l’esprit que c’est une problématique qui ne touche pas la grande majorité des résidents. » Dans des maisons de repos déjà confrontées à une pénurie de personnel et à des défis croissants en matière de soins et d’accompagnement, les questions d’inclusion peuvent parfois sembler secondaires.
Si la Belgique figure parmi les pays pionniers en matière de droits des personnes LGBT+, les associations rappellent que les avancées législatives ne suffisent pas toujours à effacer les préjugés. Un défi qui se pose aussi derrière les portes des maisons de repos.
Article original sur rtbf.be:
https://www.rtbf.be/article/les-seniors-lgbt-confrontes-a-l-invisibilite-dans-les-maisons-de-repos-certains-retournent-au-placard-de-peur-de-ne-pas-avoir-les-memes-soins-11735059
Le magazine VISIE de la Mutualité chrétienne a publié un bel article consacré à Bea et Maggy, des RainbowAmbassadors.
https://issuu.com/beweging.net/docs/visie_09_-_07_mei_2026
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Juillet 2025 – Magazine S-Plus.
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Article RainbowAmbassadors dans Antwerp Pride Magazine 2024.
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Nos RainbowAmbassadors apparaissent régulièrement dans la presse. Nous vous donnons un bref aperçu ici.
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Journal du Conseil Flamand des personnes âgées, octobre 2023.
Article publié dans ‘dichtbij’, magazine destiné aux employés des Broeders van Liefde/Frères de la Charité.
Interview ‘De Nieuwe Hasselaar’
Kazerne Dossin, exposition temporaire : Homosexuels et lesbiennes dans l’Europe nazie.
Le sort des homosexuels et lesbiennes pendant la Seconde Guerre mondiale a longtemps été méconnu, et largement ignoré du grand public. L’exposition met en lumière la situation en Belgique, Allemagne, France et aux Pays-Bas.
Ce n’est que depuis quelques dizaines d’années qu’ont été publiées des recherches historiques de premier plan qui permettent d’en connaître davantage. En France, c’est le discours de Lionel Jospin en 2001, Premier ministre, qui a permis d’initier le début d’une reconnaissance officielle de la déportation homosexuelle.
S’appuyant sur une variété de documents -la plupart jamais présentés en Belgique- cette exposition se propose de répondre à de multiples interrogations en replaçant la persécution des femmes et des hommes homosexuels sous le régime nazi dans un cadre géographique large – même si la Belgique, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, sont privilégiés – et dans le temps long.
Les femmes et les hommes homosexuels ont connu des destins hétérogènes. Certains choisirent l’exil, d’autres menèrent une double vie. En Allemagne, sur près de 100.000 homosexuels fichés par le régime, 50 000 environ firent l’objet d’une condamnation ; entre 5.000 et 15.000 furent envoyés en camp de concentration, où la plupart périrent, même si leur sort put varier considérablement en fonction du camp lui-même, mais aussi de leur date d’internement. Les lesbiennes restaient quant à elles hors du champ de la loi, sauf dans certains territoires, comme l’Autriche, et certaines furent déportées comme “asociales” ou “communistes”.
S’appuyant sur une variété de documents -la plupart jamais présentés en Belgique- cette exposition se propose de répondre à de multiples interrogations en replaçant la persécution des femmes et des hommes homosexuels sous le régime nazi dans un cadre géographique large – même si la Belgique, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, sont privilégiés – et dans le temps long.
Les RainbowAmbassadors ont visité cette exposition le 19 juin 2023.
